Les prémices d’un retour au confinement pèsent sur le marché : Petit coup de froid sur les prix du pétrole

Face à la quatrième vague de la pandémie en Europe, le marché pétrolier cède à l’incertitude.

Les cours du pétrole ont enregistré cette fin de semaine écoulée leur plus forte baisse hebdomadaire jamais atteinte depuis août. Une baisse estimée à 3%, faisant chuter les prix sous la barre des 80 dollars.

Les contrats à terme sur le Brent pour livraison en janvier ont perdu 2,35 dollars, soit 2,9% pour s’afficher à 78,89 dollars le baril. Le West Texas Intermediate a également été touché par une perte de valeur en baissant de 2,91 dollars, soit 3,6% pour s’établir à 76,10 dollars le baril pour livraison en décembre.

Le prix de livraison pour janvier a baissé davantage en s’affichant à 75,78 dollars le baril. Pour la première fois depuis mars 2020, c’est la quatrième semaine consécutive de baisse enregistrée par ces deux prix de référence pour le baril de pétrole.

«La peur de l’inconnu pèse sur le marché», estime Phil Flynn, analyste principal chez Price Futures à Chicago, cité par Reuters.

La montée des cas de Covid-19 en Europe mène petit à petit à un retour au confinement dans certains pays. C’est le cas de l’Autriche qui a décrété un nouveau confinement total, et l’Allemagne a opté pour des restrictions spécifiques.

«Le marché pétrolier reste fondamentalement dans une bonne position, mais les blocages sont désormais un risque évident…dans le cas où d’autres pays suivront l’Autriche», commente Craig Erlam, analyste de marché chez OANDA.

Un autre facteur de baisse réside dans la volonté de certaines économies d’inonder le marché en pétrole suite à la demande de la Maison-Blanche.

«Les gouvernements de certaines des plus grandes économies du monde envisagent de mettre sur le marché le pétrole stocké dans les réserves stratégiques SPR, et ce, dans une action coordonnée en vue de refroidir les prix», rapporte Reuters.

Washington qui avait, par la voix de son premier responsable Joe Biden invité lors du sommet des G20 les pays producteurs à augmenter l’offre de pétrole sur le marché, vient de renouveler son appel vendredi dernier, en pressant l’OPEP à «maintenir un approvisionnement mondial adéquat».

Les pays de l’OPEP et leurs alliés ont, pour rappel, maintenu, lors de leur dernière réunion à Vienne, le même niveau de hausse de production mensuelle de l’ordre de 400 000 barils/jour.

La prudence reste de mise, estiment les responsables de l’Organisation, qui s’attendent, contrairement aux allégations américaines, à un excédent de production à partir de l’année prochaine.

offre excédentaire

«L’excédent sera notable en décembre… Les projections, non seulement de l’OPEP, mais aussi celles de l’Agence internationale de l’énergie et d’autres sources, montrent que tout au long des trimestres de l’année prochaine, il y aura une offre excédentaire sur le marché», souligne Mohammad Barkindo, SG de l’OPEP en plaidant pour la prudence.

«Nous devons être très prudents et mesurés dans les décisions que nous prenons chaque mois. Nous pensons que nous sommes sur une trajectoire de reprise, et pour nous, au sein de l’OPEP, nous continuerons à faire tout ce qui est nécessaire pour que cette reprise ne faiblisse pas», déclare-t-il lors de la Conférence et exposition internationales sur le pétrole d’Abu Dhabi.

Il faut donc s’attendre à une reconduction de l’accord de l’OPEP+ pour le mois de décembre prochain. D’autant que des spéculations sur une libération de 100 millions de barils des stocks américains ont déjà fait baisser les cours de près de 4 dollars le baril ces dernières semaines.

A noter aussi, que dans son dernier rapport, l’AIE prévoit que la production américaine va vite grimper «grâce aux foreurs actifs dans le schiste» stimulés par la hausse des cours de pétrole qui est un facteur encourageant l’activité de l’amont pétrolier.

N. Bouaricha

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